La césure en typographie

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cesure en typographie

En composition typographique, la césure est l’opération qui consiste à couper un mot en fin de ligne et qui n’entre pas dans la justification. Cette coupure obéit à des règles bien précises qui varient d’une langue à l’autre. Nous allons présenter celles qui s’appliquent au français.

Les règles de césure de mots

D’une façon générale, le découpage d’un mot à l’aide d’un trait d’union à pour but de rendre l’aspect d’une ligne de texte plus homogène en évitant un “blanc” disgracieux en bout de ligne. Cette coupure est marquée par un tiret « – » (un signe de ponctuation) et que l’on place uniquement en fin de ligne. Il s’insère à la position de coupure d’un mot, et doit apparaître dans la largeur de la colonne de texte. Le tiret de césure préserve le style et la graisse des caractères du mot orthographié comme dans l’exemple ci-dessous.

La césure s’effectue, en essayant si possible de couper entre préfixes et radicaux, selon le découpage étymologique (« inter-saison , cis-alpin ») et syllabique (« intersai-son , cisal-pin »). Dans le cas des mots composés, la division se fait au trait d’union: « porte-avion, timbre-poste ».

Il est nécessaire cependant de garder un minimum de deux lettres en fin de ligne, et on rejette un minimum de trois lettres à la ligne suivante. Du point de vue pratique, le trait d’union est souvent nommé “tiret du 6” en référence à la touche 6 qui se trouve sur la première ligne des claviers d’ordinateur.

Les césures interdites

Certaines divisions sont proscrites dans la langue française notamment pour éviter de confondre avec d’autres mots, césure qui dans ce cas rendrait le sens de la phrase ambiguë. Voici des exemples pour lesquels il n’est pas recommander d’insérer de trait d’union (la barre / indique la césure interdite):

  • entre deux voyelles: la cavali/ère, une consci/ence;
  • entre les lettres d’un sigle: S/N/C/F;
  • entre les nombres exprimés en chiffre et tout ce qui les précède ou les suit: 15/euros , Louis/XV , 20/% , 12/h/00/min/01/s ,etc.;
  • après la première lettre: a/charner , a/larme ;
  • avant ou après x et y précédés et suivis d’une voyelle: tu/y/au , ta/x/er ;
  • après une apostrophe: aujourd’/hui , lorsqu’/il ;
  • après la première lettre suivant l’apostrophe: l’é/charpe ;
  • après le t et s euphoniques dans certaines formes de conjugaisons: manges-/en , donnera-t-/elle ;
  • après les lettres abréviatives ou les particules (dans un patronyme) et le name auquel elles se rapportent: M./Hyde , Dr/Jekkyl , S. A. R. la princesse de Hanovre , Baron de La/Luthumière , etc.

Par ailleurs, il convient de se limiter à trois césures successives même si la colonne est étroite et si le texte est justifié à droite et à gauche sur la ligne.

Mise en forme du texte

La plupart des logiciels de traitement de texte utilisés sur un ordinateur intègre un mécanisme automatique de coupure des mots par un trait d’union. Ces fonctions de mise en forme ont pour but de réduire les irrégularités le long des marges ou de limiter la taille des espaces insérés entre chaque mot lorsque l’alignement est justifié.

Le rédacteur d’un texte a la possibilité de définir manuellement l’emplacement des césures en choisissant au préalable les mots pouvant être couper. L’emplacement du trait d’union est marqué à l’aide du caractère Unicode U+00AD indiquant par la même au traitement de texte l’emplacement d’une césure possible. Lorsque le texte est au format HTML, l’entité de caractère ­­ (soft hyphen) insère un trait d’union souple pour découper les mots longs.

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